Chemin de Montauban
Le chemin de Montauban, sur la colline de Fourvière, débute au sommet des quelques 200 marches de la montée des Carmes Déchaussés, et se termine au croisement de la montée de la Sarra et de la rue du Dr Raffin.
 

 

L’origine du nom « Montauban » est incertaine. Louis Meynard, dans son Dictionnaire de Lyonnaiseries, évoque la possibilité d’une déformation de « Mont d’Albin » (montagne d’Albin), du nom de Claudius Albinus prétendant au pouvoir impérial face à Septime Sévère à la mort de l’empereur Commode en 192. Installé à Lyon et autoproclamé empereur, Claudius Albinus est défait en 197 par Septime Sévère près de Lyon.


On sait qu’à la fin du Moyen Age, un domaine portant ce nom existait à cet endroit. A cette époque, le chemin de Montauban marquait les limites de la ville : un mur de clôture reliait les recluseries de Saint Epipoy (près de Pierre Scize) et de Saint Genis (à proximité de la porte de Confort) en longeant le chemin de Montauban, alors chemin de Montalieu.

Les bâtiments les plus anciens se situent sur la première partie du chemin de Montauban, soit de la montée des Carmes Déchaussés à la montée de la Chana, le chemin de Montauban s’arrêtant à ce niveau jusqu’en 1854.

 

Les anciennes archives départementales :

Au n° 2 du chemin de Montauban, se trouve l’ancien couvent des Carmes Déchaussés. Présents à Lyon dès 1617, les Carmes s’installent dans des bâtiments offerts en donation situés sur les lieux dits « Grand et Petit Thune », le long du chemin de Montauban, sur la base desquels l’ordre va construire son couvent et notamment une chapelle aujourd’hui disparue.

En 1904, le département du Rhône fait l’acquisition du bâtiment pour y stocker ses archives. Un grand chantier est lancé en 1907 pour adapter le bâtiment à ses nouvelles fonctions. C’est à cette occasion que la chapelle des Carmes est détruite. En 1912, les archives sont installées et le resteront jusqu’en 2014, date à laquelle elles seront déménagées dans un bâtiment neuf du quartier de la Part-Dieu. Aujourd’hui, le bâtiment, non visitable, accueille l’école de design des maristes (Made In).

La grande porte d’entrée du bâtiment que l’on peut apercevoir depuis la rue est flanquée de part et d’autre de six pilastres à chapiteaux sculptés. Elle est également surmontée des armes de la ville de Lyon et de la devise « Avant, Avant, Lion le melhor » (cri de ralliement des bourgeois de Lyon durant le soulèvement de 1269 contre l’autorité ecclésiastique), ainsi que des armes du Beaujolais et de sa devise « A tout venant Beaujeu ».

 

La villa Mascrany

Au n°3, se trouve une bâtisse appelée « Villa Mascrany », du nom des Mascrany, famille originaire du canton des Grisons en Suisse et influente à Lyon : Alexandre Mascrany fut prévôt des marchands de 1642 à 1644 et reçu le roi Louis XIV dans son hôtel Place Bellecour en 1658. Son fils, Paul Mascrany occupa également la fonction de prévôt des marchands de 1667 à 1669. Si l’appartenance de cette villa à la famille semble attestée, Paul Saint-Olive dans « Mélanges sur Lyon » précise qu’aucune preuve matérielle ne vient corroborer la tradition, mais que tout semble indiquer que ce fut le cas.

 

Maisons Sainte Odile

Au n°14, derrière de hauts murs, vous pouvez apercevoir les maisons Sainte Odile où Lucien Côte, prêtre souffrant de cécité depuis ses 17 ans, a créé une maison d’accueil pour femmes aveugles en 1935 (son pendant masculin, ouvert en 1947, se trouve alors dans la Villa Saint Raphaël rue du docteur Rafin). Les bâtiments sont aujourd’hui un internat mariste, les deux maisons d’accueil étant regroupées à la Villa Saint-Raphaël.

 

20 chemin de Montauban

A l’angle de la montée de Chana et du chemin de Montauban une plaque est apposée en mémoire d’Alfred Petot dit « Fred », membre des Groupes Francs de l’armée secrète, résistant abattu par la milice le 24 mars 1944.

En continuant votre promenade, la partie plus récente du chemin vous offrira de très beaux points de vue sur la Saône et la Colline de la Croix Rousse.

 


Sources :
MAYNARD Louis, Dictionnaire de lyonnaiseries. Lyon : J. Honoré, 1982
BEGHAIN Patrice, BENOIT Bruno, CORNELOUP Gérard, [et al.], Dictionnaire historique de Lyon. Lyon : S. Bachès, 2009
PELLETIER Jean, Lyon pas à pas : son histoire à travers ses rues. 1, Rive droite de la Saône, Croix-Rousse, quais et ponts de la Saône. Roanne-Le Coteau : Horvath, 1985
DALLEMAGNE François, Les défenses de Lyon : enceintes et fortifications. Lyon : Association des amis du musée d'histoire militaire de Lyon et de sa région : Ed. lyonnaises d'art et d'histoire, 2010
SAINT-OLIVE Paul, Mélanges sur Lyon : revue de 1861. Lyon, 1862
www.ruesdelyon.net