Rue Victor Hugo

La rue Victor Hugo est une rue du 2ème arrondissement de Lyon, piétonne et commerçante par excellence, dans le quartier de la Presqu’île. Rectiligne et bordée d’immeubles de type haussmanien, elle guide le chaland de la Place Carnot et la gare Perrache vers l’ouverture de la Place Bellecour où se trouve la statue équestre de Louis XIV.


 

Architecture

Des immeubles de rapport du XIXème siècle, implantés en limite de propriété, séparent l’espace public de l’espace privé. Au rez-de-chaussée, nous trouvons les commerces et les boutiques, alors qu’aux étages supérieurs sur trois à cinq niveaux, le logement prend une place principale.

L’alignement de façades est rythmé par les grandes et belles portes en bois au rez-de-chaussée et les balcons et balustrades aux étages. Les façades en pierre sont ordonnancées. Les étages sont séparés par des bandeaux moulus saillants

Son architecture est homogène mais interrompue par la place Ampère en son centre.

 

Histoire

Au XVIIIème siècle, l’augmentation de la population et des activités fait ressentir le besoin d’espace alors que la ville se limite aux remparts d’Ainay, au sud.

Dès 1766, au moment de la conquête des îles du Rhône, l’ingénieur-sculpteur Perrache, membre de l’Académie de Lyon, reprenait une idée ancienne d’Hardouin-Mansard ainsi qu’un dessin de Guillaume Delorme, à savoir celle de combler le bras du Rhône pour reculer le confluent jusqu’à la Mulatière, et pour permettre à la ville de s’étendre.

Il souhaitait également doter ce nouveau quartier d’un canal, d’un pont et d’une gare d’eau abritée en liaison avec la Saône.

Ce n’est qu’en 1770 avec l’aide précieuse de l’architecte Soufflot qu’un nouveau projet est déclaré d’utilité publique par le Consulat. Un large cours (72m) planté d’arbres est venu séparer alors le terrain pour l’agrandissement de la ville et les remparts d’Ainay voués à la démolition. C’est ainsi que Michel Antoine Perrache devint propriétaire des terrains de l’autre côté des remparts.

Suite à la création de la Compagnie Perrache pour le financement des travaux, un quai est construit en 1776 et les remparts sont démolis en 1777.

En 1779, après la mort de Michel Antoine Perrache, les travaux sont arrêtés : la partie méridionale de la presqu’île est insalubre et inachevée ; le pont nouvellement érigé sur la Saône est détruit lors d’une crue et enfin, la compagnie est endettée avant d’être dissoute en 1826.

Personnalités :

Quelques personnalités ont habité la rue Victor Hugo, tels :

  • en 1849 : Le Docteur Colrat, professeur à l’École de médecine ainsi que Monsieur Pigeon, ingénieur en chef des mines ;
  • en 1853 : Monsieur Girardet, architecte et auteur de la transformation du théâtre des Variétés en Bourse du travail ;
  • en 1868 : Monsieur Rieussec, conseiller à la Cour, membre de l’Académie de Lyon, Monsieur Gabriel Perrin, avocat ainsi que Messieurs Giniez et Charvet, architectes ;
  • en 1872 : Messieurs Jacquier, Tavernier et De Prandière, avocats.



Aménagement

En 1811, la rue Victor Hugo, sous le nom de rue Impériale, était toujours à l’état de projet. Elle devait aboutir en face du Palais souhaité par Napoléon Ier (actuellement derrière Perrache) qui devait ainsi voir le cheval de la Place Bellecour, depuis les marches.

Ce n’est que le 12 juillet 1816, que le conseil municipal vote un texte demandant aux Compagnies Perrache et Rougié d’ouvrir la rue du Directoire, rebaptisée rue Bourbon avant d’être appelée rue Victor Hugo.

En 1818, son tracé, légèrement décalé par rapport à son tracé d’origine, va donner lieu à de multiples procès avec les propriétaires des lots déjà vendus et la ville. Et les travaux, sous la houlette de l’architecte, René Dardel, se réalisent en cinq phases, mais lentement :

  • 1817 : de la place Napoléon à la rue des Remparts d’Ainay ;
  • 1820 : de la rue Sainte Hélène à la rue Sala ;
  • 1832 : union de la rue Jarente à la rue Sainte Hélène au travers de la prison Saint Joseph ;
  • 1839 : sur le jardin de l’hôtel du général commandant la division militaire ;
  • 1841 : la percée depuis l’hôtel du général jusqu’à la place Bellecour.

Et c’est enfin en 1842 que son percement est terminé et que l’aristocratie lyonnaise peut s’y installer.

Puis en 1976, la rue, après deux ans de lourds travaux dus à la mise en œuvre du métro, est rendue piétonne : une première en France.

 


Sources :
Louis Maynard : Dictionnaire de Lyonnaiseries (1932)
http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr
http://www.pointsdactu.org (Bibliothèque Municipale de Lyon)