La Place Ampère

Lorsque vous êtes place Ampère, à Lyon, vous pourriez rêver et vous croire place de la Concorde, à Paris, vu le nombre de rues qui s'y éparpillent : rue d'Auvergne, rue des remparts d' Ainay, rue Victor Hugo, rue Henry IV , rue Bourgelat, et qui ont toutes des noms historiques. Bien sur, sur la place Ampère, il y a la statue de André Marie Ampère.


Histoire

Ce quartier a été occupé à l'époque romaine puis abandonné.

Jusqu'au milieu du XVIIème siècle, c´est au sud immédiat d´Ainay que se faisait le confluent de la Saône et du Rhône (Lyon, les dessous de la presqu’île ... ; des. 1, fig. 9, 10, 13 ; cf. DOSSIER Ville, chapitre Confluent). Au-delà les bras du Rhône dessinaient plusieurs îles, aux contours changeants, régulièrement submergées lors des crues des deux cours d´eau. Préoccupés par l´exiguïté du territoire urbain habitable, édiles et urbanistes cherchaient à agrandir la ville vers l´est ou le sud, en stabilisant le cours du Rhône et en gagnant des terrains constructibles sur les terres marécageuses. Par la suite, il a fallu attendre la première moitié du XIXème siècle, et l'aménagement de la rue Victor Hugo pour que l'on dessine cette place.

 

Situation et architecture

Cette place qui se trouve dans le deuxième arrondissement porta un moment (1848) le nom de place de l'Espérance. Puis, jusqu'en 1884, elle porta le nom de place Henri IV. Elle porte aujourd'hui, le nom du célèbre physicien André-Marie Ampère. Elle est située le plus sur la rue Victor Hugo, rue qui relie la place Bellecour à la place Carnot.

Dans l'ensemble, elle est entourée d'immeubles datant du XIXème siècle. Les rues qui partent de cette place ont aussi leur histoire.

Rue Bourgelat qui nous mène à la Saône, avec son académie d’équitation et son manège, une plaque commémorative nous la situe. Au numéro 19 a été reconstitué le portail de la première école vétérinaire du monde avec la plaque « rue du manège 1755 ». Le portail y est décoré par un magnifique dessin représentant la ville de Lyon au XVIIIème siècle. Un peu plus loin la maison où la famille Meyrieux a débuté son activité de vaccins.

Nous longerons également le flanc de l'église saint Martin d' Ainay et un petit hôtel particulier où est installé la mairie du deuxième arrondissement.

Rue Victor Hugo : elle va de la place Bellecour à la place Carnot. C'est une rue piétonne. Le nom de l'écrivain a été donné à cette rue par délibération du conseil municipal du 26 mai 1885. Elle fut tracée pendant le Premier Empire et successivement appelée rue de Bourbon, rue de la République de 1848 à 1852, avant de reprendre son nom original. Dès sa création, elle abrita l'aristocratie lyonnaise.

Rue des remparts d'Ainay : la rue a été tracée en grande partie sur l’emplacement des Remparts d'Ainay qui ceinturaient le domaine de l’abbaye d'Ainay. Elle nous mènera à la Saône.

Rue d'Auvergne : cette rue a été tracée sur les terrains vendus par Henri Oswald de la Tour d'Auvergne, abbé d'Ainay et cardinal en 1738. La rue est orientée nord-sud, entre la rue Sainte-Hélène et la place Ampère.

Rue Henry IV : c'est le prolongement de la rue d'Auvergne et elle nous mène place Carnot. Ce nom royal date de la Restauration.

 

Dédicace

La statue d'Ampère représente l’art et la science.

Une statue de 1888 réalisée par le sculpteur Charles Textor, représentant André-Marie Ampère siège au centre de la place, sur son fauteuil de bronze, et un piédestal de pierre gravé de quelques lions et de ses nombreux titres de gloire. Elle a été inaugurée à Lyon le 8 octobre 1888 par le Président de la République Sadi Carnot.

Les sphinges d'Ampère : la dernière fontaine égyptisante du XIXème siècle orne la place Ampère. Un haut piédestal à plan carré porte une remarquable statue assise, en bronze, du célèbre physicien lyonnais. De part et d'autre du monument commémoratif, deux sphinges crachent de l'eau dans deux bassins en pierre. Egypte ou Grèce ? A priori ce couple de chimères en bronze, réalisé par le décorateur lyonnais Charles Breton, n'a pas d'équivalent dans la typologie classique.

Mais à bien considérer les sphinges d'Ampère, leur couleur bronze vert osirien, leur utilisation en couple, leur caractère composite, tout en fait les héritières d'une double tradition, grecque sans doute, mais aussi égyptienne. Ici la convergence est particulièrement réussie. Mais par le jeu de notre inconscient collectif, c'est bien l'évocation poétisée et sublimée de l'Egypte ancienne qui frappe le passant.

Biographie

André-Marie Ampère est un mathématicien, physicien, chimiste et philosophe français, né à Lyon (Rhône) le 22 juillet 1775, il est mort à Marseille le 10 juin 1836. Il était membre de l'Académie des sciences et professeur à l’Ecole polytechnique et au Collège de France.

Dès son enfance, il réalise, avec des cailloux et des miettes de biscuits, de longs calculs avant de connaître les chiffres. Il apprendra à lire avec les illustrations d’un livre d’histoire naturelle. A l’âge de dix huit ans, il sera affligé par la mort de son père, homme royaliste, catholique, enthousiasmé par les idées de liberté, d’égalité et de fraternité et qui sera exécuté guillotiné sur la place des Terreaux le 23 novembre 1793.

En 1796, il rencontre Julie Carron, en tombe amoureux et l’épouse en 1799. Le 2 août sera le jour du contrat de mariage signé à Neuville sur Saône. Le mariage religieux (clandestin) sera le 6 août et le mariage civil, le lendemain, 20 thermidor, an 7. Après le mariage, le jeune couple s’est installé rue du Bât d' Argent n° 6, jusqu' en juin 1800. De cette union, naitra un garçon, Jean-Jacques, qui deviendra professeur de littérature étrangère au Collège de France.

Pour subsister, il accepte des postes de professeur (Bourg en Bresse, Lycée de Lyon) tout en continuant ses recherches scientifiques. Il fréquente également des cercles de réflexion où il fera la connaissance de personnages éclairés tels que Pierre-Simon Ballanche (écrivain et philosophe) ou Gilles Couppier (chimiste).

Son épouse Julie, gravement malade décèdera le 13 juillet 1803. Bouleversé par cette épreuve, il quitte la région lyonnaise pour s’installer à Paris. Soutenu par Delambre (astronome et mathématicien) et remarqué par le mathématicien Lagrange, il est nommé répétiteur d’analyse à l’Ecole Polytechnique en 1804.

Le 1er août 1806, il épouse en seconde noce Jeanne-Françoise Potot avec laquelle il a une fille prénommée Albine née en 1807. Ce mariage se termine par une séparation le 11 juillet 1808. Il en ressort tourmenté par sa vie sentimentale et assailli de doutes religieux et se passionne pour la philosophie.

Il entrera à l’Académie des Sciences en novembre 1814 en section géométrie. Entre 1819 et 1820, Ampère enseigne la philosophie à la faculté de lettres. Il sera élu à la chaire de physique au collège de France en 1824, succédant à Louis Lefèvre-Gineau (chimiste et scientifique). Nommé inspecteur général de l’Université, il passe plusieurs mois à visiter les lycées de province.

Il meurt au cours de l’une de ces tournées le 10 juin 1836. En 1839, sa dépouille sera ramenée à Paris et il sera enterré au cimetière Montmartre, au côté de son fils.

 

Ses découvertes

Ampère s'est intéressé à de nombreux domaines des sciences tels que l’électricité, le magnétisme, les affinités chimiques, l’histoire naturelle, la botanique, la poésie ou la métaphysique. Ses principales découvertes ont eu lieu dans le domaine de l'électromagnétisme et la chimie. Ampère a également travaillé les mathématiques, notamment sur la théorie des probabilités et l'intégration des équations différentielles partielles.

En 1820, à partir de l’expérience de Hans Christian Oersted (physicien et chimiste danois), il étudie la relation entre magnétisme et électricité.

La loi d’Ampère la plus connue est celle de l’électrodynamique.

Ampère interprète le phénomène du magnétisme par la théorie du courant moléculaire. Cette théorie est rejetée par les scientifiques de l’époque et ne s’imposera que soixante ans plus tard avec la découverte des électrons. Il tente d’expliquer certains phénomènes chimiques par la géométrie des molécules et émet que le nombre de molécules contenues dans un gaz est proportionnel à son volume.

Il fut un des premiers à plaider pour le « chlore », corps simple contre l’idée d'un composé oxygéné de l'acide muriatique. Il a également publié une importante classification des sciences. Il découvrit les bases de l’électronique. Il est également l'inventeur de nombreux dispositifs et appareils tels que le solénoïde, le télégraphe électrique et l’électroaimant.

 

Distinctions

Membre de la légion d’honneur.
Nommé en 1808 Inspecteur Général de l’Université française impériale par Napoléon.
Elu en 1814 membre de l’Académie des Sciences à Paris.
Correspondant de plusieurs académies européennes et entretient des relations importantes avec la plupart des savants de son époque.

 

Hommages

Son image apparaît sur un timbre postal de 1936.

Son nom est associé à l'unité internationale d’intensité électrique : l'Ampère. Son nom est également associé à un prix décerné par l’Académie des sciences, le prix Ampère.

De nombreux odonymes français portent son nom comme la rue Ampère à Bezons, Puteaux, Paris, Montpellier …....

Des établissements scolaires portent son nom, comme le lycée Ampère à Lyon, ainsi que des lycées à La Flèche, Marseille, Morsang sur Orge, des collèges  et des écoles primaires.

Nous trouvons également son nom à une station de métro à Lyon et un laboratoire de recherche du CNRS. Trois navires-câbliers porteront son nom de 1864 à 1984.

André-Marie Ampère est peint sur la Fresque des Lyonnais à Lyon.

Il fait également partie des soixante-douze savants dont le nom est inscrit sur la tour Eiffel.