Les Mausolées de Trion

Historique

Le quartier de Trion fait partie de Fourvière, site du Lugdunum antique qui était alors un des lieux les plus peuplés et qui se trouvait au début des voies d’Aquitaine et de Narbonnaise. Ceci explique que la nécropole de Trion, située à la limite de la zone habitée ait été, au Ier siècle, une des plus importantes de Lyon. Elle le demeurera jusqu’à ce que la population quitte la colline pour descendre sur les bords de Saône au IIIe siècle.

C’est en 1885 que dix  mausolées furent découverts près du carrefour de Trion, à l’angle de la place de Trion et de l’avenue Barthélemy Buyer, lors des fouilles réalisées à l’occasion des travaux de construction de la voie de chemin de fer de Vaugneray/Mornant, aujourd’hui disparue.

Les cinq mausolées présentant le plus d’intérêts furent démontés pierre par pierre et  installés place Eugène Wernert. Cette place, qui longe le chemin de Choulans, a été construite sur l’emplacement qui était occupé en 1562, par le jardin de l’obéancier de St-Just. Plus tard, il devint celui de l’auberge établie au XVIIe siècle dans l’ancienne maison de l’obéancier, puis revendu à nouveau. La place a été créée en même temps que le chemin de Choulans.

Le grand mur de soutènement situé à l’ouest de la place Eugène Wernert est un vestige de l’enceinte de la ville de Saint-Just. Ce mur se prolonge dans la partie ouest de  la propriété des religieuses du Bon Pasteur, située au sud de la place.

Cette place est bordée au nord par la propriété qui fut l’ancienne auberge du Bœuf Couronné citée plus haut, installée au XVIIe siècle.

Nous n’omettrons pas d’attirer votre attention sur un détail intéressant : sous la double plaque des noms successifs de cette place, ‘place de Choulans’ et ‘place Eugène Wernert’ située sur la maison N°1, à l’angle de la place et du chemin de Choulans, on découvre deux inscriptions funéraires qui furent trouvées lors des fondations de la maison et réemployées.  La première est fragmentaire et la deuxième « hic quiescit Basilia » signifie « ici repose Basilia ».

 

Description des Mausolées

Ces tombeaux monumentaux datant du Ier siècle, représentent une pratique funéraire qui était celle réservée à des personnages importants et dont les descendants pouvaient assurer les frais de construction d’un tel monument.

Sur ces dix mausolées découverts,  sept sont tournés vers la voie antique d’Aquitaine, encore en élévation. Plusieurs d’entre eux ont à l’arrière un enclos avec des sépultures et des urnes cinéraires entre autres.  Cinq mausolées ont été déplacés place Eugène Wernert comme nous le mentionnons plus haut.

A l’ouest de la place, trois tombeaux sont juxtaposés.  Il s’agit de celui de Julia à gauche, une sculpture représentant une porte à deux vantaux moulurés. Au centre se trouve le tombeau attribué à Quintus Valerius et le troisième à Julius Severianus.

Le tombeau situé au centre de la place est le plus ancien.  Il s’agit de celui du sévir Turpion. L’épitaphe qui figure sur l’une des faces permet de l’identifier et confirmer la date de construction au Ier siècle. Ce mausolée a été offert par ses cinq affranchis.

« Q-CALVIO-Q-LPAL-TURPIONI-SEVIRIO-REGILUS-CHRESIMUS- MURRANUS-DONATUS- CHRESTUS-LIBERTEI-EX-TESTAMENTO »

« A Quintus Calvius Turpio, affranchi de Quintus, de la tribu Palatina, sévir, Régilius, Chresimus, Murranus, Donatus, Chrestus, ses affranchis en exécution de ce testament ».

Turpio est en effet un affranchi (comme beaucoup de lyonnais en cette époque) devenu sévir augustal et ainsi appartient à l’élite de la cité. Le sévirat est un corps intermédiaire entre les décurions et le peuple, chargé du culte de l'empereur.

Ce mausolée de base carrée comporte une frise surmontée d’une corniche.

Le dernier mausolée, situé en bas de la place, est attribué à Satrius. Il porte en son sommet un élément de frise composée de disques ornés et de têtes de taureaux.

Ces mausolées ont été classés Monuments Historiques en 1905.