La Maison Diocésaine

La Maison Diocésaine, grand bâtiment classé du XVIIIème siècle, a été dessinée par Soufflot et surplombe la colline de Saint-Irénée avec une très belle vue sur le Sud de Lyon et les Alpes. Il est malheureusement en partie vide aujourd'hui.

 

Construction au XVIIIème siècle

Les chanoines de Saint-Irénée ont acheté en 1730 la grande maison voisine du Calvaire, construite en 1680,  appelée alors Maison du prieur commendataire. Forts de leurs revenus fonciers et immobiliers, ils firent ensuite édifier à partir de 1749 un imposant prieuré appelé à ce jour la Maison Diocésaine sur les plans de Soufflot. Mais cette belle construction greva leur budget, car les domaines devenaient peu rentables et les revenus aléatoires (maisons en location en mauvais état, intempéries sur les cultures). Suite à la Révolution, le magnifique et ruineux bâtiment, appelé alors abbaye de Sainte-Geneviève, fut vendu le 18 août 1791 à un négociant en dorures lyonnais, Pierre Peilleux.

En 1791, la propriété comprenait une cour d'entrée ornée d'arbres, le grand bâtiment avec deux étages et rez-de-chaussée sur caves voûtées : salles boisées, grande galerie, chapelle, bibliothèque, cabinets, ensembles de petites chambres, salle à manger, réfectoire, cuisine, dépendances, remises, écuries. Et l'inventaire se complétait par des jardins, terrasses, parterres, cultures de vignes et potager. Pendant les évènements de 1793, l'ensemble fut fortement endommagé par les combats, les boulets et le feu.

Du XIXe siècle à nos jours

A partir de 1802, les églises commencent à être ré-ouvertes aux catholiques. Ensuite, le lieu, appelé Clos des Génovéfains, fut acheté le 22 octobre 1813 pour y établir la Maison du Refuge Saint-Michel pour y loger fin 1814 plus de cent personnes : religieuses, adolescentes (les pénitentes) et petites filles (les orphelines).

Vers 1825, une chapelle est construite sur les plans de Pierre César Loras, actuellement dédiée à la paroisse catholique de rite byzantin. Une autre chapelle encore fut construite par Pierre Marie Bossan en 1859 et constitue aujourd'hui la chapelle de la Maison Diocésaine.

Fin 1870 à début 1871, le grand bâtiment servit d'hôpital militaire. L'orphelinat ferma en 1906, suite aux lois de 1904 supprimant les congrégations enseignantes. De 1914 à 1917, le Refuge Saint-Michel accueillit des orphelins de guerre. Pour permettre aux jeunes filles de travailler, il s'y ouvrit une blanchisserie mécanique au service en particulier des hôpitaux militaires.

A partir de 1935, le nombre de soeurs va diminuer car les vocations se faisaient plus rares, les pensionnaires vont mieux s'ouvrir au monde, des professeurs laïcs vont enseigner. Puis finalement en 1984, les mineures de l'internat seront transférées dans d'autres bâtiments et la grande maison des Génovéfains resta vide. Le diocèse loua à partir d'août 1984 puis acheta en 1995 les immeubles et le jardin pour en faire la Maison Diocésaine. Différents travaux furent alors effectués permettant l'installation de plusieurs services et utilisateurs dont Radio Fourvière (R.C.F.) qui y loge toujours.

La Maison Diocésaine hébergea temporairement, pendant des périodes de travaux, les services diocésains puis le grand séminaire provincial, mais se retrouva quasiment vide en 2009. Pendant les hivers 2011 et 2012, les bâtiments hébergèrent des réfugiés de l'Est mais un incendie mis fin à cet hébergement le 30 décembre 2012. Aujourd'hui la Maison Diocésaine n'accueille que Radios Chrétiennes Francophones, c'est-à-dire Radio Fourvière, et l'association de la Pépinière d'Entreprises Saint-Irénée de Lyon, PEP'S. Des réflexions sont en cours sur l'avenir de ces beaux bâtiments classés ...