Le Verbe Incarné

De nombreuses recherches archéologiques ont eu lieu dans ce quartier, situé au point le plus haut de la colline de Fourvière, et plus particulièrement lors de projets de constructions d’immeubles au siècle dernier.

Plusieurs ensembles archéologiques, notamment un habitat organisé en îlots, dans le secteur de la Sarra, au nord. Les vestiges sont composés de murs et de canalisations. Au sud, à l’emplacement du clos religieux du Verbe Incarné, se trouvent les vestiges d’un édifice monumental. Lors des premières fouilles, en 1913 par C. Germain de Montauzan et P. Fabia, puis en 1957 par A. Audin, on a d’abord pensé à l’existence d’un forum impérial. A la reprise des fouilles, 20 ans plus tard, les fondations furent identifiées comme étant celles d’un temple avec trois galeries en forme de U datant du règne de Tibère, au 1er siècle de notre ère.

Nombre de fragments statuaires mis à jour décoraient les portiques ou appartenaient au mobilier d’un sanctuaire municipal de culte impérial édifié sous Tibère : Une tête de Jupiter semblable aux types de Jupiter découverts dans d’autres capitoles romains (IIème et IIIème siècle apr. J.-C.) ne correspond pas à celle de l’édifice et peut donc avoir été rajoutée dans la cella, une Victoire décorant l’écoinçon d’un bloc architectural, un doigt colossal portant un anneau et correspondant à une statue de grande taille  (7 m. debout) ainsi que d’autres éléments décoratifs.

Sur le même emplacement, on trouve aux alentours du temple, les vestiges d’un habitat organisé en terrasses, les rues s’adaptaient à la topographie des lieux, inclinées d’ouest en est avec des pentes moyennes allant de 4 à 12 %, des canalisations et des réservoirs. Les maisons construites sont du type à atrium et tablinum. La mosaïque polychrome représentant le dieu Bacchus et des allégories des quatre saisons ornent les coins vient de l’une des pièces de cet habitat décorées de mosaïques  (visible au musée Gallo-Romain. ?).

Un petit autel représentant une ruche a été découvert dans les boutiques au début de la voie de l’Océan. Dans la maison à la « banquette chauffante », une statuette d’enfant en harpocrate (Horus enfant) fut mise à jour. On découvrit également une statuette de Sucellus (le dieu au maillet) dans une citerne et une tête de Silène âgé dans les boutiques au début de la voie de l’Est.

La fontaine située aujourd’hui Place de Trion fut trouvée au carrefour de chaussées gravillonnées bordées d’un portique.

D’autres vestiges intéressants démontrant l’occupation de la colline de Fourvière probablement dès le XIème siècle avant notre ère notamment et qui consistent en deux fossés à profils en « V ». Un retour d’angle perpendiculaire au tronçon principal délimitait peut-être une enceinte.

Dans la seconde moitié du 1er siècle le sanctuaire est embelli. Les rues sont élargies et de nouveaux portiques sont construits. Sous ces rues alors plus larges, deux grands collecteurs furent construits, consécutifs à la construction de l’aqueduc du Gier, daté du règne d’Hadrien. Ce quartier d’habitation se prolongeait au nord du Verbe incarné, sur le plateau de la Sarra. De nombreux murs dégagés pourraient témoigner d’un découpage en îlots.

Ce quartier sera délaissé à partir du IIIème siècle.

Pour en savoir plus : Ouvrage édité par le Pôle Archéologique du Département du Rhône « Lyon avant Lugdunum » à l’occasion de l’exposition présentée au Musée de la Civilisation gallo-romaine de Lyon de mars à novembre 2003.

 


Sources :
Service Archéologique de la Ville de Lyon et Ouvrage édité à l’occasion de l’exposition «Lyon avant Lugdunum » présentée au Musée de la Civilisation gallo-romaine de Lyon, de mars à novembre 2003
André Pelletier - Lugdunum - Editions Lyonnaises d’Art et d’Histoire