Le Parc Archéologique de Fourvière

Ce parc archéologique de Fourvière permet de mieux comprendre l’histoire de Lugdunum, car seuls les vestiges archéologiques et les textes gravés tels que la Table Claudienne ou les épitaphes, découverts lors de fouilles, sont sources de renseignements. Le quartier de Fourvière, siège de la colonie romaine est progressivement abandonné à partir du IIIème siècle. Les monuments sont alors utilisés comme carrières de pierres, puis disparaissent peu à peu du paysage urbain, recouverts de végétation. Le musée de la civilisation gallo-romaine est construit  en partie dans le remblai de ces fouilles. Pour redécouvrir ces édifices, il faudra attendre les fouilles du XXème siècle qui étaient entreprises dans le but de retrouver l’amphithéâtre des Trois Gaules (La Lyonnaise, la Belgique et l’Aquitaine) édifié en 19 apr. J.-C. lieu du martyr des premiers chrétiens. Il s’avéra plus tard à l’occasion d’autres fouilles, qu’il était situé sur les pentes de la Croix-Rousse. Des campagnes de fouilles entreprises, à l’initiative d’Edouard Herriot alors Maire de Lyon et sous la direction des archéologues Pierre Wuilleumier puis Aimable Audin à partir de 1933, révèlent l’endroit présumé du théâtre. Les 150 000 m3 de terre enlevés permirent de mettre à jour un théâtre, un odéon, des voies, des  boutiques et les vestiges d’un vaste monument alors considéré comme étant un sanctuaire de Cybèle.
Dans les années 70, le bâtiment de conception moderne qu’est le Musée de la Civilisation gallo-romaine fut construit semi-enterré se fondant ainsi dans le décor.



LE THEÂTRE ANTIQUE

Son dégagement et sa remise en état s’effectuent simultanément. Une esplanade bordée d’un portique est dégagée entre 1941 et 1965.

Construit en 15 av. J.-C. sous l’Empereur Auguste, son plan est classique. Il comprend trois parties principales, la cavea, l’orchestra et la scène.

Ce monument est adossé à la colline de Fourvière où fut creusée une cavité épousant la forme de la cavea (ensemble de gradins) pour sa partie inférieure. La partie supérieure des gradins était supportée par des galeries voûtées prenant elles-mêmes appui sur des murs rayonnants. Les galeries d’accès à la cavea sont remaniées entre le Ier et le IIème siècle. La summa cavea (partie supérieure de la cavea) qui recevait le peuple et précédemment construite en bois, est remplacée par des gradins en pierre reposant sur des voûtes en maçonnerie répartis en trois volées (maeniana).

L’accès à la cavea se fait par des escaliers extérieurs. On pénétrait dans le théâtre par trois portes ouvrant sur des escaliers descendants voûtés sous  les deux rangées supérieures, le reste étant à ciel ouvert.

L’orchestra est un espace en demi-cercle d’un diamètre de 22,50 m, à pavement de grandes dalles de cipolin vert, de brèche et de granit. A l’extérieur de l’orchestra, quatre gradins bas séparés de la cavea par une balustrade en cipolin vert, étaient réservés aux notables.

La cavea et l’orchestra étaient séparés par un balteus (ceinture de pierre) en cipolin vert. L’orchestra était séparé de la scène par le mur du pulpitum de 1,20 m. Ses décorations, colonnettes, niches, bas-reliefs, ont disparu.

Une fosse de 46 m de long, 0,60 m de large et profonde de 3,80 m, permet de comprendre le fonctionnement du rideau de scène. Elle permettait le coulissage des mâts et des contrepoids qui soutenait le rideau. Un toit incliné protégeait la scène et rabattait les sons. Fixé par des mâts au mur d’enceinte, le velum de toile protégeait du soleil. Un portique extérieur de 30 colonnes était adossé au mur de façade.

La scène (proscaenium), est peu profonde mais très large. Au fond de la scène se dressait la frons scaenae, grand mur somptueusement orné de décors figurant un palais, avec colonnes, niches et statues.

A la deuxième phase des modifications, sa capacité d’accueil passe de 5 000 à 10 500 spectateurs.

 

L’ODEON ANTIQUE

Mentionné depuis le XVIème siècle, l’odéon était considéré, jusqu’au XIXème siècle, comme l’amphithéâtre des martyrs chrétiens lyonnais.

Cet édifice, plus petit que le théâtre, d’une capacité de 3 000 places, a été classé comme odéon, lieu couvert où se tenaient des spectacles de musique et de lectures publiques. Il pouvait aussi servir de lieu de réunion pour les notables.

Cet édifice fut construit probablement sous Hadrien, au IIème siècle, dans le quartier de Fourvière, à la même période que l’agrandissement du théâtre. Situé sous l’ancien couvent des Dames de la Compassion, il a fait l’objet de travaux de dégagement qui s’effectuèrent entre 1941 et 1946. Repris plus tard, son dégagement ne fut réellement fini qu’entre 1953 et 1958. Ce monument est un des plus imposants de l’Empire Romain avec celui de Vienne.

Des fouilles, réalisées en 1994 par A. Débat, ont démontré que l’Odéon avait été précédé par un édifice qui n’a pu être identifié.

Comme le Théâtre situé à proximité, la cavea s’étage à flanc de colline, en deux maeniana de gradins soutenus également par des voûtes. Lors de son édification il mesurait 73 m de diamètre et comportait 23 gradins.

Aujourd’hui, 16 rangées de gradins inférieurs sont conservées. La scène a conservé le mur antérieur du pulpitum et la fosse du rideau.

Le dallage de l’Orchestra reconstitué est composé de panneaux à motifs géométriques en porphyre rouge et vert d’Egypte, granite d’Egypte, de brèche violette et rosée de Carrare et autres marbres de différentes teintes. On peut également voir la base d’un pilier du portique

La hauteur du mur d’enceinte est de 8 m de haut et de 1,80 m de large. On accède aux gradins par les cinq portes percées dans ce mur semi-circulaire.

En contrebas de l’orchestra, un portique séparait l’odéon de l’esplanade Est.

L'Odéon a été classé monument historique en 1905. Les abords seront classés plus tard, entre 1933 et 1935.

 

AUTRES VESTIGES

La rue des Boutiques


De l’autre côté du cardo minor, les fouilles ont révélé une zone de boutiques carrées adossées en avant d’un mur de soutènement. L’ensemble a subi plusieurs transformations. On peut voir, au sol, les vestiges d’une fontaine publique marquée par deux grandes dalles en calcaire.

Dans l’une de ces boutiques les restes de pilettes d’un hypocauste nous renseignent sur le système de chauffage par le sol. Les dalles de la boutique reposaient sur des petits piliers de briques (pilettes). Un foyer, souvent situé à l’extérieur, produisait de l’air chaud circulant dans des canalisations sous ces sols dallés.

Les indices relevés lors des fouilles permettent de distinguer entre autres, parmi ces boutiques d’artisans, un débit de boissons chaudes, un marchand de couleurs, et probablement une blanchisserie.

 

Le «sanctuaire dit de Cybèle»

En empruntant la voie dallée située au-dessus du théâtre on peut voir, sur un mur, quelques tambours de colonnes cannelées. A proximité a été dégagée une tête de femme à la chevelure peinte en rouge et coiffée d’une corbeille connue pour être le symbole de la prospérité de la terre, qui fit penser à Cybèle, grande déesse de l’antiquité. On peut voir cette tête de femme au musée de la civilisation Gallo-Romaine, Salle VIII.

Les conclusions des dernières fouilles effectuées entre 1991 et 2003 permettent de penser qu’il s’agirait plutôt de constructions successives, datant du Ier siècle, élevées sur des vestiges augustéens d’une grande demeure à atrium et péristyle, aux sols décorés de mosaïques, avec boutiques en façade, et qui possédait ses propres thermes.

Un des trois autels tauroboliques visibles au musée, témoins de la religion symbolique et mystique de Cybèle, mentionne l’inauguration d’un Sanctuaire de Cybèle en 160. Il reste encore aujourd’hui à découvrir où se situait cet édifice.

Le grand réservoir d’eau

Une grande citerne rectangulaire de 26 m de long et 9 m de large partagée par un mur en deux nefs voûtées communiquant par plusieurs portes fut construite à l’ouest.

Ce réservoir comportait un étage occupé par deux chambres séparées où l’eau arrivait par l’une d’elles, descendait dans la chambre inférieure  et remontait dans l’autre chambre supérieure, après avoir été débarrassé, dans les chambres basses, des matières en suspension dans l’eau, nettoyées périodiquement.

On suppose que ce réservoir, de par son altitude et sa situation devait être alimenté par l’Aqueduc du Gier.

La voie romaine

On peut toujours voir aujourd’hui les vestiges de cette voie romaine. On l’emprunte en arrivant au parc archéologique par la rue de l’Antiquaille, pour accéder au théâtre et à l’Odéon. On la retrouve également : à la partie nord du parc, en accédant par la rue Cléberg, au Musée de la Civilisation Gallo-romaine et en longeant le haut du théâtre pour redescendre sur l’Odéon.

 

 


Sources :
www.archeologie.lyon.fr
André Pelletier, Lugdunum, Editions Lyonnaises d’Art et d’Histoire
Guide du Lyon Gallo-Romain, Editions Lyonnaises d’Art et d’Histoire