Le Musée Gallo-Romain de Lyon

C’est grâce à Aimable Audin, maître imprimeur à Lyon et passionné d’archéologie et à Pierre Quoniam, alors Inspecteur des Musées, qui souhaitaient que Lyon mette en valeur son passé de capitale romaine, que fut construit ce musée. A l’époque, seuls quelques éléments dispersés étaient présentés au Musée des Beaux-Arts et dans un autre lieu appelé « Antiquarium ». Il devenait donc nécessaire de réunir en un lieu unique ces collections éparses. Claude Poinsot et Jacques Lasfargues, les premiers conservateurs, jouèrent un rôle important dans la conception du musée.
Localisé  sur la colline de Fourvière, au 17,  rue Cléberg, la construction du musée de la Civilisation gallo-romaine fut confiée à l’architecte Bernard Zehrfuss . Les travaux s’étalèrent  entre  1971 et  1975, date à laquelle il fut inauguré par Louis Pradel, Maire de Lyon et Mme Giscard d’Estaing.


 

L’EXTERIEUR

Situé en bordure du parc  archéologique ce musée est une des meilleures réalisations architecturales  de cette époque. Bernard  Zerhrfuss, apôtre de solutions novatrices participa à de grandes œuvres telles que  le Palais des Expositions du CNIT à la Défense, le palais de l’Unesco à Paris ou encore les Usines Renault à Flins. Il obtint le premier Grand Prix de Rome.

L’architecture est très sobre, en béton brut. Seules deux grandes baies, véritables « canons de lumière » inspirés  par Le Corbusier sont visibles du parc.

Enterré dans la colline de Fourvière aux quatre-cinquièmes, ce bâtiment ne laisse apparaître que le niveau supérieur.   Il est adossé à un mur de 80 mètres de long et de 16 mètres de haut relié à la colline par des câbles d’acier fixés à des piliers de béton enfoncés sous la rue Cléberg.

 

L’INTERIEUR

L’accueil remplit un vaste espace ouvert sur une salle de conférence d’une capacité de 150 places. Un escalier sans noyau central et deux ascenseurs permettent de descendre au cœur du musée.

En s’inspirant des techniques employées au musée Guggenheim de New-York, l’Architecte a conçu autour de puissants piliers arcs-boutants une large rampe  hélicoïdale continue longue de 320 mètres, en béton brut, desservant les différents plateaux. Chaque plateau est dédié à des espaces spécialisés. Contrairement à l’infrastructure des musées traditionnels, le principe des salles n’existe plus. Seules des cloisons basses délimitent les différents espaces. En deux endroits, une ouverture à travers le plancher laisse entrevoir une belle mosaïque située dans la salle en-dessous.

De l’intérieur,  les deux canons de lumière offrent une vue en accord  avec les objets présentés. L’un donne sur le théâtre romain tel qu’il est aujourd'hui alors qu’on a sous les yeux la maquette de cet édifice tel qu’il devait être. L’autre baie, située dans la salle de la vie domestique, donne sur un jardin.

Comme l’indique son nom, ce musée dont l’exposition permanente se déploie sur 4OOO m²,  est consacré à l’histoire gallo-romaine.  La fondation de Lugdunum par Munatius Plancus en 43 av. J.-C est un des éléments importants.

Les 17 espaces thématiques permettent de voir les collections d’objets au fil de cinq siècles de découverte dans les vestiges de cette cité,  notamment des bijoux, sculptures, objets de la vie courante tels que les céramiques ou les bronzes, du mobilier, des amphores, des plans de maisons et des documents. On y trouve également des éléments de l’époque celte.  Chaque espace thématique tourne autour d’un objet. En voici quelques exemples : L’espace IV a pour objet la Table claudienne et pour thème le sanctuaire fédéral des trois Gaules, l’espace X a pour objet la mosaïque des jeux du cirque et pour thème les jeux du cirque à Lugdunum, l’espace XVI a pour objet les urnes à incinération, les épitaphes, les sarcophages et pour thème le culte des morts.

QUELQUES ELEMENTS DES COLLECTIONS PRESENTEES

La table claudienne,  composée de deux plaques de bronze, est la copie d’un discours prononcé par l’empereur Claude, en 48, devant le Sénat de Rome, dans lequel il offrait aux notables gaulois la possibilité d’entrer au Sénat. Ces deux plaques avaient été retrouvées dans une propriété des pentes de la Croix Rousse. Ces pièces, d’une hauteur de 1,39 et de 1,93 de large, pèsent 225 kg.

Le sarcophage du triomphe de Bacchus, en marbre blanc, sur lequel on peut voir la scène du retour triomphal du dieu Bacchus a été découvert au pied de l’escalier de l’Eglise Saint-Irénée en 1845 et transféré au musée en 1990. On peut y voir sur la gauche Bacchus, dieu romain de la vigne et du vin ,  sur un char tiré par des lionnes, revenant vainqueur d’Inde et sur la gauche Bacchus, ivre, soutenu par un satyre. Chaque animal représenté évoque un pays et illustre le voyage du dieu tel l’éléphant qui représente l’Inde, ou le dromadaire  qui représente l’Asie Mineure.

La Mosaïque du Cirque a été découverte également au XIXème. On peut distinguer la pyramide centrale, les bouliers, une tribune, les équipes bleu, blanc, rouge et vert, les chevaux et même les récompenses promises au vainqueur, portées par les deux personnages centraux, la couronne de laurier et la palme.

le calendrier très complexe, gravé dans le bronze, trouvé à Coligny, dans l’Ain. Cet élément  date du Ier siècle apr. J.-C. et  comporte 2000 mots gravés en lettres et chiffres romains. Ce calendrier correspond à un cycle de 5 années.

Les maquettes des théâtres sont présentées près des baies d’où l’on peut apercevoir les vestiges. On peut ainsi voir comment fonctionnait le rideau de scène aujourd’hui manquant.

Le trésor de Vaise, a été découvert en 1992, lors de fouilles préventives à Vaise.  Ce trésor, probablement de nature familiale et enfoui volontairement sous une maison, date de la fin du IIIème siècle. Il est composé d’objets divers, bijoux, pièces d’argent, cuillères, statuettes, divinités.

Les différentes corporations sont présentées. Une des plus importantes était les « nautes » ou bateliers.  Tous les transports se faisant par voies fluviales, les différents ports de Lugdunum étaient très prospères.

La grande maquette de l’ancienne Lugdunum, capitale des Gaules, cité gallo-romaine prospère  de part et d’autre de la Saône, et différentes maquettes des principaux monuments.

Au fil de la visite on peut constater le cosmopolitisme de la Capitale des Gaules. En plus des Gaulois et des Romains, la prospérité de la ville attira Syriens, Carthaginois et Grecs.

Le Musée organise régulièrement des expositions à thème développant certains aspects  de la vie de nos ancêtres, ainsi que des conférences et animations diverses.

Pour apprécier toutes les richesses de ce musée, rien de vaut  une visite des lieux conjuguée avec la visite du parc archéologique.

 


Site Internet : www.museegalloromain.grandlyon.com
Régis Neyret et André Pelletier, Guide de Lyon et ses Musées, Editions Lyonnaises d’Art et d’Histoire