La Basilique Notre-Dame de Fourvière et les chapelles

Vouée à  la Vierge depuis le XIIème siècle,  la Colline de Fourvière, appelée par les Lyonnais « La colline qui prie »,  est un haut lieu de la Cité. Les édifices religieux furent construits sur l’emplacement de l’ancien Forum de Trajan (Forum vetus) dont elle tire son nom. Cet ensemble  patrimonial, inclus dans le périmètre classé au Patrimoine mondial  de l’Humanité, est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

 

Les chapelles

En 1168, le Chanoine de Saint-Jean,  Olivier de Chavannes,  fait élever  une chapelle au sommet de la colline de Fourvière dédiée à la Vierge Marie.  Dix ans plus tard, l’évêque de Lyon apprenant l’assassinat de l’archevêque de Saint-Thomas Becket  de Cantorbéry, consacre une chapelle à son nom.  Ces chapelles  ont  connu  destructions  et restaurations . L’ancienne chapelle est démolie en 1562, pendant les Guerres de Religion, puis reconstruite.

En 1643, alors que la peste sévit dans la région et que Lyon est menacé, les échevins de la ville font le vœu de monter à Fourvière chaque année si l’épidémie  s’arrête.  Le vœu est exaucé et depuis, a lieu chaque année,  le 8 septembre, la bénédiction de la ville de Lyon, en présence du Maire de Lyon qui remet symboliquement un écu d’or à l’Archevêque de Lyon. La bénédiction est ponctuée par trois coups de canon.

Au milieu du  XVIIIème siècle, l’architecte Ferdinand Demonce  ajoute quatre travées et une sacristie à la chapelle de la Vierge. Parallèle à la chapelle Saint-Thomas, elle devient de même longueur. Les deux chapelles communiquaient entre elles par des arcatures intérieures.  En 1790, les chapelles sont vendues comme bien national. En 1805 elles furent à nouveau ouvertes  au culte par Pie VII.

A l’intérieur on peut encore voir aujourd’hui les boiseries dorées au style post-baroque. Ce retable aux deux anges présentant à Dieu la couronne de la Vierge est classé par les Monuments Historiques. Placée au-dessus de l’autel, on peut voir  Notre Dame du Bon Conseil, vierge en bois,  datant du XVIIIème siècle et  le vitrail de Bégule, représentant le Vœu des Echevins, de 1882.

Dans le chœur de la Chapelle de Saint-Thomas de Cantorbéry, un vitrail de Thibaud représente une vierge de Pitié datant de 1840. Sur le mur sud, un ex-voto rappelle les inondations de Lyon de 1840.

En 1830, le clocher en mauvais état est démoli. Il est alors décidé de le reconstruire et de le surmonter d’une vierge polychrome, de style Renaissance, monumentale qui est l’œuvre du Sculpteur Joseph  Fabisch.  La  Vierge Dorée, culminant le nouveau clocher, est inaugurée le 8 décembre 1852.  Ce soir-là, les Lyonnais décident spontanément de mettre des lampions à leurs fenêtres. Ce geste est à l’origine des illuminations du 8 décembre (lien plan lumière). Aujourd’hui rénovée, La statue en bronze doré à la feuille d’or mesure 5,60 m et pèse plus de 3 tonnes.

Au fil des siècles, les pèlerins affluent et le sanctuaire devient  trop petit. Afin de faire face  à ce développement, des projets naissent, dès le  XIXème siècle.  C’est  finalement le projet de Pierre Bossan qui sera retenu, malgré toutes les controverses. La construction du nouvel édifice  ne commencera qu’après 1870. Ainsi débutera l’immense chantier de la Basilique.

 

La Basilique Notre Dame de Fourvière

Dès le XIXème siècle, un projet d’agrandissement du sanctuaire  prend forme.  La Commission de Fourvière est créée en 1853,

En 1856, le projet d’une grande église dédiée à Marie par l’architecte diocésain Pierre Bossan,  esquissé de longue date,  rencontre une vive opposition jusqu’en 1870.  Pierre Bossan s’est inspiré de l’art byzantin qu’il a découvert en visitant la cathédrale de Palerme. Cet ensemble de style divers : byzantin, roman, gothique,  en fait une œuvre architecturale  originale ne pouvant s’intégrer à aucune école classique.

A cette époque, la guerre contre la Prusse sévit et Lyon est menacé.  Mgr. Ginouilhac, alors Archevêque de Lyon, fait un vœu : Une basilique sera édifiée si Lyon n’est pas envahie. Les Prussiens s’arrêtent à Nuits-Saint-Georges.

Exterieur

Cette œuvre monumentale se dresse, telle une forteresse, au sommet de la colline de Fourvière et semble veiller sur la ville.

La première pierre est posée en 1872.  On peut voir cette pierre ornée de lys, bénie par Pie IX, au bas de l’escalier, au bas de la façade. La direction de la construction est confiée à l’architecte Jean Perrin dit Sainte-Marie-Perrin  tandis que Pierre Bossan  travaille sur l’ensemble de la décoration sculptée et de l’iconographie.

Ce chantier gigantesque durera vingt quatre ans et ce n’est qu’en  1884 que la dernière pierre est posée. Elle sera consacrée en 1896 et érigée en basilique en 1897.

Après Joseph Castex, Jean-Baptiste Larrivé et Louis Bertola, les décors muraux, sculptures  s’achèvent avec Joseph Belloni, qui a travaillé plus de vingt ans sur ce projet. A voir notamment  la frise située au-dessus de la porte d’entrée, David et  Goliath et le Jugement de Salomon sur la tour de la Justice, le décor du mur Sud et les bas-reliefs du mur Nord.  Quelques décors extérieurs ne sont toujours pas achevés.

La façade principale de la basilique regarde le couchant alors que son abside est au levant, selon la tradition.  Cet édifice mesure 35 m de large et 86 m de long.

Ses quatre tours octogonales crénelées  de 48 m de haut représentent les vertus cardinales.  La Force et la Justice sont en façade et la Prudence et la Tempérance dominent le parvis. C’est par cette dernière que l’on accède, après avoir gravi 287 marches, à la terrasse Saint-Michel où l’on jouit d’une vue sur Lyon à 360° et sur les Alpes.  Depuis ce lieu on peut aussi voir, sur l’abside, la statue de Saint Michel Archange terrassant le dragon sculptée par Millefaut.

Les arcatures du porche sont supportées par quatre colonnes de granit provenant des carrières de Bavano, près du  lac Majeur.  Le sculpteur  Millefaut  est également l’auteur de la galerie des anges cariatides située au-dessus des arcatures. Le fronton  triangulaire, qui évoque le Vœu des Echevins pour obtenir l’arrêt de la peste en 1643, est l’œuvre de  Charles Dufraine.

Après avoir gravi les vingt deux marches du perron, on arrive à la porte de bronze, dessinée par l’architecte Sainte-Marie-Perrin, où sont représentés l’Arche de Noé et l’Arche d’Alliance.

La Crypte, chapelle inachevée, se trouve sous l’église supérieure et en a les mêmes dimensions.  Le Lion de Juda qui garde l’entrée a été sculpté par Charles Dufraine.  Un escalier descend vers l’église basse

L’esplanade, où est située la table d’orientation, offre une vue panoramique splendide de la ville de Lyon et  des Alpes.

Intérieur

En pénétrant dans l’église haute,  on est frappé par son volume et  la diversité de sa décoration, les lumineux vitraux et les ors des mosaïques dont l’éclat est saisissant. Sur les murs, on peut lire le nom de toutes les paroisses qui ont participé à la réalisation de cette basilique.

La basilique est  divisée en trois grandes nefs sur sa largeur  et trois travées sur  sa longueur, voûtées en arcs brisés . Les  trois nefs sont surmontées de trois coupoles comportant trois groupes d’images représentant les rapports de Marie avec la Trinité. L’ensemble est soutenu par seize colonnes polychromes, monolithe de Sieix, sur socles en marbre de Carrare,  groupées deux à deux.

L’autel  est surélevé de huit marches.  Dix anges ailés sur mosaïque d’or entourent le tabernacle. Au-dessus, trône une statue de la Vierge Marie , œuvre de  Millefaut, en marbre de Carrare.  L’abside éclairée par sept hautes verrières est ornée de cinq vitraux d’après les cartons de Gaspard Poncet.  Les autres vitraux  sont, pour les six principaux, l’œuvre de Décote, élève de Gustave Moreau .

Dans les huit chapelles, on peut admirer les œuvres de Larrivé, Castex, Millefaut, Puech, Dufraine, Belloni et Guillaume qui sont d’une grande diversité.

Les  6 mosaïques murales ont été réalisées d’après les cartons de Charles Lameire et exécutées magnifiquement par les ateliers Martin de Paris. On peut voir Jeanne d’Arc délivrant Orléans, l’arrivée de Saint Pothin à Lyon, le Concile d’Ephèse,  le vœu de Louis XIII, la Bataille de Lépante, la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception.

On ne peut oublier de signaler, pour les amateurs de Musique Sacrée, le grand-orgue de Fourvière, discret,  n’ayant que quelques tuyaux apparents, de part et d’autre du Chœur. C’est un orgue symphonique complet (3 claviers et pédales, 44 jeux) du XIXème siècle, installé à l’achèvement de la basilique par la maison Michel Merklin de Lyon. Il sera plus tard complété par Mutin puis Convers. La dernière restauration, a été effectuée en 1996, sous la direction de Michel Jurine.

La crypte

Depuis l’église supérieure on accède à  la crypte (église basse) par  un escalier de marbre rouge, chef d’œuvre de Sainte-Marie Perrin, à double révolution.  Du palier on peut accéder à la chapelle de la Pietà.

On pénètre alors dans un lieu sombre, impressionnant  qu’est cette vaste chapelle consacrée à Joseph. Ce lieu est  défini comme étant celui qui symbolise l’Ancien Testament et l’ignorance des hommes avant  la venue du Christ. On comprendra ainsi pourquoi  Pierre Bossan voulait en faire un passage obligé des pèlerins pour accéder enfin à l’église haute baignée de lumière,  où l’ampleur du décor et la polychromie sont saisissants.

Ces voûtes, qui ont moins de 10 m de hauteur sont soutenues par des piliers cannelés  flanquées de trente huit colonnes également cannelées. Des anges  supportent les retombées des voûtes.  Sept verrières éclairent le sanctuaire. Les trente stalles de l’avant-chœur sont en chêne sculpté, incrusté  d’ébène et d’ivoire.

Pierre Bossan fit un don important  pour décorer le chœur de la Crypte .

Le pavement entourant l’autel  est formé de dix médaillons reliés par des rinceaux où des animaux malfaisants représentent les hérésies vaincues : les 7 péchés capitaux,  comme le mal, représenté par un dragon à sept têtes, l’orgueil figuré par un paon, ou encore la tortue imageant la paresse.

Au-dessus de l’autel, une statue colossale, en pierre dorée,  de Saint-Joseph portant l’enfant Jésus, est l’œuvre du sculpteur Fabisch.  Sous l’autel, est figurée, en haut-relief, la mort du Saint-Patriarche.

 


Sources :
Le magazine de Notre Dame de Fourvière, septembre 2008, édité par la Fondation Fourvière.
Dominique Bertin, Jean-François Reynaud et Nicolas Reveyron, Le Guide des Eglises de Lyon, aux  Editions Lyonnaises d’Art et d’Histoire