Architecture et quartiers

On trouve dans la partie du Vieux-Lyon des exemples de tous les styles architecturaux apparus de l’époque carolingienne à la fin du XVIIIème siècle. Tout en gardant des traces des époques précédentes, le bâti remarquable de la Presqu'Ile sera plutôt des XVIIIème, XIXème et XXème siècles.


Liste des styles architecturaux

  • Gallo-Romain, Roman, Gothique, Flamboyant
  • Renaissance, Classique, XVIIème, Baroque
  • XVIIIème, Néo-Classique, XIXème siècle du fer
  • Empire, Restauration, Second Empire
  • Troisième République, XXème siècle
  • Art Nouveau, Arts Décoratifs, Moderne (1945-1980)
  • Postmodernisme (à partir de 1980), XXIème siècle, contemporain

 

Nomenclature

Le style roman : ses caractéristiques sont aisément reconnaissables : on croirait que les bâtiments (surtout des bâtiments religieux, mais pas uniquement) ont bourgeonné autour d’un noyau primitif. Murs épais, ouvertures rares, baies étroites couvertes d’arcs en plein-cintre, voûtes en berceau, croisées de nervures (et non pas d’ogives), vocabulaire décoratif particulier à base de représentation d’animaux fantastiques : on trouve ce style à la Manécanterie, au portail nord de l’église Saint-Paul, dans le chœur de la Primatiale Saint-Jean (observer les pilastres et leurs chapiteaux).

Le style gothique : c’est par excellence l’art des églises. Plus celle-ci est ancienne, plus son style est dépouillé. Le gothique le plus classique remonte au XIIIe siècle : le transept et la nef de la Primatiale Saint-Jean, (XIIIème et XIVème siècle) en sont représentatifs.

Le style gothique des maisons d’habitation : dans de nombreux immeubles d’habitation de la fin du XVème siècle, la combinaison de l’approche de la Renaissance et de l’enrichissement de la population du quartier ont généralisé un style facilement identifiable et parce qu’inspiré (avec un décalage de, parfois, deux siècles) du style gothique des églises. On trouve des exemples de ce style très peu variable dans le temps aux 28 et 36 rue Saint-Jean, 8 rue Juiverie, 18 rue Lainerie, 2 montée du Gourguillon, etc.
Quelquefois, dans les maisons riches, on trouve en plus des culots sculptés (2 montée du Gourguillon, 20 rue Juiverie, 18 rue Lainerie, etc), sans que cela signifie une ancienneté plus grande. En revanche, d’une manière très grossière, on peut considérer que le style gothique « creux » est un indice du XVème siècle ; l’apparition de listels (sortes de « boudins » entrecroisés est un indice du début du XVIème siècle : Les deux styles s’observent concomitamment dans l’immeuble 3/5 montée du Change.

Le style de la Première Renaissance, dite aussi Renaissance gothique, est répandu dans les quartiers de la rive droite de la Saône (Chapelle des Bourbons à la Primatiale, Maison du Chamarier au 37 rue Saint-Jean). Contrairement à ce qui se passait à l’époque précédente, ce style est en évolution lente mais sensible à partir de la fin du XVe siècle. C’est encore le Gothique classique, mais dans lequel se sont introduits des éléments singuliers : motifs floraux à la Chapelle des Bourbons, éléments de décor inhabituels à la Maison du Chamarier, ...
Quelques escaliers remarquables : 10bis rue Lainerie, 9 et 11 rue Saint-Jean, noyau torsadé, rampe taillée dans le mur.


Le style de la seconde Renaissance est encore marqué par des innovations désordonnées mais qui annonce le Classicisme. Galerie de Philibert Delorme, 8 rue Juiverie ; façade nord de l’immeuble Henry IV, 4 rue Juiverie ; parties hautes du Musée Gadagne ; Maison des Avocats, à l’angle de la rue St-Jean et de la rue de la Bombarde ; escalier du 6 rue des Trois-Maries ; Tour-rose, 16 rue du Boeuf.

Le style de l’âge classique : c’est l’apaisement. L’innovation se poursuit, mais chacun semble poursuivre une sorte d’idéal commun qui se dégage peu à peu. L’exemple le plus basique en est donné par le 2 rue Saint-Georges et le 31 rue du Boeuf. On réalise encore des exploits techniques : les escaliers de la Mairie annexe du Ve arrondissement et du 17 montée St Barthélémy.

Le style post-classique est celui de la seconde moitié du XVIIIème siècle, particulièrement bien représentée par Soufflot et ses successeurs : Loge du Change, Nouvelle Manécanterie. Les innovations formelles s’appauvrissent peu à peu. Le néoclassicisme triomphe. C’est aussi l’époque du style Louis XV : les coquilles asymétriques ornent les impostes (nombreux exemples vers la place du Change)

 

 

Les quartiers

La Colline de Fourvière (quartiers de Saint-Irénée, Saint-Just et Fourvière) concentre de nombreux éléments de la civilisation romaine : le jardin archéologique avec le grand théâtre et l'Odéon, le musée gallo-romain, l'aqueduc du Gier, les thermes de la rue des Farges, les mausolées de Trion, ... On peut imaginer la splendeur de la ville à l'époque de Lugdunum, mais aujourd'hui les parements des monuments ont souvent disparu et les vestiges ont malheureusement servi ... de carrières. Les bâtiments étaient souvent constitués de mortier et de béton romains, permettant de construire plus rapidement. L'ornementation et le parement en pierres taillées étaient plaqués.

Le Vieux-Lyon (quartiers de Saint-Paul, Saint-Jean et Saint-Georges) sur la rive droite de la Saône, fut le centre de Lyon au Moyen-Âge et à la Renaissance. Classé secteur sauvegardé (le premier en France) par Malraux en 1964, il attire un grand nombre de visiteurs. Eléments caractéristiques de cette époque : maisons de quatre à cinq étages, escaliers à vis, tours, cours avec galeries, puits, façades avec fenêtres à meneaux au sein des places et rues : place Saint-Jean, rue Saint-Jean, rue des Trois Maries, rue du Bœuf, place du Change, rue Lainerie, rue Juiverie, ...

La Presqu’Ile (quartiers d’Ainay, Bellecour/Jacobins, et Terreaux/Cordeliers) s’est embellie aux XVIIe et XVIIIe siècles: Hôtel-Dieu, places, fontaines, nouvelles églises. A partir de 1853, sous l’impulsion du préfet Claude-Marius Vaïsse (1799-1864), avec l’architecte René Dardel, de grands travaux transforment la partie centrale de Lyon : rue Victor Hugo, rue de l’Impératrice (rue Édouard Herriot), rue Impériale (rue de la République), place Impériale (place de la République), place des Cordeliers, gare de Lyon Perrache, le Palais du Commerce, ainsi que l’Hôpital de la Croix-Rousse et le Parc de la Tête d’Or.