Le projet lyonnais

L'inscription du site historique de Lyon est le fruit d'un long processus de protection et de mise en valeur du patrimoine qui a permis de préserver des traces de chacune des périodes de l'histoire.


Dans les années 60

Le Vieux Lyon ne jouit pas à cette époque de la notoriété qu'on lui connaît actuellement. Considéré comme un quartier insalubre, le maire de l'époque, Louis Pradel, surnommé ‘l’amoureux du béton’ décide, plutôt que de réhabiliter le quartier, d'en raser une partie située tout près de la cathédrale Saint-Jean et du Palais de Justice afin de créer une bretelle d'autoroute, le projet ‘Navigation’. Louis Pradel, ressortait des cartons un projet de la précédente municipalité, consistant à démolir le pont du Change, premier pont permanent de la cité, pour le remplacer par un nouveau pont (l’actuel pont Maréchal Juin) et le prolonger ensuite par un grand boulevard urbain qui monterait jusqu’à Fourvière. Les habitants, résolument contre ces projets, se réunirent autour d'organismes tels que La Jeune Chambre Economique et La Renaissance du Vieux Lyon, afin d'empêcher la construction de cette tranchée et de lancer une action de protection du quartier. Le pont du Change fut détruit en 1974, mais le boulevard urbain, heureusement, ne vit jamais le jour.

Malgré tout, Louis Pradel avait finalement pris conscience de la valeur patrimoniale du quartier et avait assez vite accepté que l’on crée en 1962 une Société d’Economie Mixte de Restauration du Vieux Lyon (SEMIRELY), avant que le quartier ne soit classé 'secteur sauvegardé'.

 

1er secteur sauvegardé de France

En 1962, la partie dite 'Vieux-Lyon' de la ville est déjà devenue le premier secteur sauvegardé de France par une décision d'André Malraux, alors ministre d'Etat chargé des affaires culturelles. Ce dernier créa d'ailleurs la même année, avec André Chastel, l'inventaire général du patrimoine culturel. Ainsi, l'existant est maintenu et protégé, les démolitions et nouvelles constructions sont réglementées au même titre que les enduits et couleurs de façades et que les devantures de boutiques. Saint-Paul, Saint-Jean et Saint-Georges font dorénavant l'objet d'une vaste politique de restauration et de réhabilitation.

Après les élections municipales de 1983, Jacques Moulinier, adjoint à l'urbanisme, obtint la charge du patrimoine. Il a été le premier à lancer des opérations programmées d’amélioration de l’habitat avec des comités de pilotage au niveau des quartiers, où il réunissait élus et associations pour réfléchir au devenir de ce secteur. Il a appliqué cette méthode dans le Vieux Lyon où existait une instance de concertation informelle entre les élus, les habitants, les commerçants, pour réfléchir ensemble à l’orientation des réhabilitations.

Le projet lyonnais

Puis, quelques années plus tard en 1995, un projet est monté sous la direction de Régis Neyret, ancien président de l’association Renaissance du Vieux-Lyon, de son président en exercice Denis Eyraud auxquels se joignent différentes personnalités dont Didier Repellin architecte en chef des Monuments Historiques : inscrire le site du Lyon ancien au patrimoine de l'UNESCO. Le dossier est appuyé par Raymond Barre, maire de Lyon à l'époque, puis validé par le Ministère de la Culture.

 

En tenant compte des remarques de l'UNESCO, le secteur a été étendu et reprend finalement les anciennes fortifications de Lyon. En 1998, ce site est inscrit au patrimoine de l'UNESCO.